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Mon métier ? Pisteur secouriste sur le domaine skiable de Bernex

TRAVAILLEURS DE L OMBRE

Pisteur, secouriste, artificier, nivologue- météorologue, Stéphane Renaud occupe un seul poste mais endosse plusieurs casquettes sur le domaine skiable de Bernex. Une profession polyvalente et engagée que ce passionné nous décrypte pour ce deuxième volet des « Travailleurs de l’ombre ». 

Stéphane Renaud Pisteur secouriste pour la station de Bernex



Il a pris un virage radical. Au revoir le statut d’ingénieur mécanique en Suisse. Adieu le CDI. Terminés les voyages permanents aux quatre coins de l’Europe et le salaire plus qu’avantageux. Stéphane Renaud est devenu pisteur-secouriste saisonnier officiant désormais à Bernex. Un changement de vie radical et assumé à 200%. « Je suis devenu pisteur sur le tard après une formation dédiée. J’avais 31 ans alors que la majorité débute à 20/25 ans ». Peu importe les concessions, une nouveau chapitre s’est ouvert pour ce passionné de montagne. « J’ai appris à vivre avec moins mais j’ai tellement gagné en qualité de vie. » 

Ange-gardien des skieurs 

Il fait parfois encore nuit quand il chausse ses skis pour entamer sa journée. Une journée d’hiver souvent différente de celle d’hier… et de celle demain. Tout ce qu’il aime. « On entame la journée en sécurisant les pistes pour qu’elles puissent accueillir les skieurs à 9h ». Balisage, signalisation mais également déclenchement d’avalanche au programme. « C’est l’une des formations possible du pisteur ». Et les connaissances, la maîtrise des gestes et des procédures sont essentielles pour cette mission délicate qui s’appuie sur l’usage et la manipulation de dynamite.

 


Artificier, l’une des missions de notre pisteur

« Nous respectons un PIDA, autrement dit un plan d’intervention de déclenchements préventifs des avalanches. Il permet de décrire dans le moindre détail comment on rejoint le site et comment on en repart… Ou encore quelle méthode est adoptée ».  Objectif : déclencher de manière préventive des avalanches au dessus des pistes pour les sécuriser. « Notre mission est de rendre sécuritaire les zones du domaine skiable. Ainsi, nous ne nous chargeons pas des autres secteurs identifiés hors-pistes. » 



Le pisteur : tout sauf la police des pistes !

En France, l’accès à la montagne est libre et non réglementé contrairement à d’autres pays comme les Etats-Unis. « On ne peut donc rien interdire. Nous informons des dangers avec des balisages jaunes et noires par exemple pour identifier le danger. Si le skieur les franchit, il engage sa propre responsabilité. » Les pisteurs ne se présentent donc clairement pas comme les gendarmes ou policiers du ski. « On renseigne, secourt, sécurise, informe. En revanche, on ne sanctionne pas ». 



Monsieur météo

Autre facette de ce métier où l’on ne s’ennuie décidément jamais, la mission nivologie/ météorologie. « C’est une autre formation possible que j’ai suivie ». Tous les jours, Stéphane réalise ainsi un relevé météorologique sur deux zones du domaine skiable. « Je mesure les températures mais également la quantité de neige au sol, celle tombée sur les dernières 24h, le type de grain… » Une fois par semaine, le pisteur de Bernex réalise par ailleurs un sondage par battage. « Il s’agit d’une coupe du manteau neigeux pour déterminer s’il y a des couches fragiles dangereuses ». Autant de données transmises à Météo France qui viennent intégrer des algorithmes pointus destinés à formuler les prévisions météo et risques d’avalanches. 

Une équipe aux airs de famille

« Je sais chaque matin pourquoi je me lève » sourit Stéphane avec malice. Sa polyvalence est mise à contribution à chaque instant. Mais un bon pisteur se révèle néanmoins, aussi, par son esprit d’équipe et sa faculté à travailler avec ses collègues. « On est lié constamment via la radio. Pour les secours, on se déplace à plusieurs et dans tous les cas de figures, de manière très coordonnée. » A Bernex, on loue d’ailleurs l’esprit de convivialité qui a façonné cette équipe considérée comme une « véritable famille ». 



Des pistes au bikepark

Une fois la saison d’hiver terminée et après une petite coupure salutaire au printemps, Stéphane bascule sur un autre poste du côté du bikepark de Bernex. Les missions sont similaires, le terrain très différent. « En tant que shaper, je sculpte puis entretiens les pistes à l’aide d’une pelle, d’une pioche et d’un râteau. » Une fois la saison lancée, notre pisteur revêt ensuite le costume de « Bike Patrols », équivalent du pisteur en hiver. « On est alors secouriste et on fait de l’information, de la sécurisation. En somme, je fais le même métier qu’en hiver mais plus sur le même terrain ! » 

« Ni pisteuse, ni pistrice… mais bien pisteur ! »


Armée de son sourire et son enthousiasme communicatifs, de son accent vosgien chaleureux et de sa passion chevillée au corps, Coralie Antoine, 30 ans, s’impose comme la seule femme pisteur secouriste de Bernex. Une évidence pour la jeune femme « sur des skis dès 4 ans » qui a commencé sa carrière comme monitrice. « J’aime cet aspect encore plus montagnard. Le fait d’être immergée au quotidien dans cet environnement. » A la maison, personne n’a été étonné de la voir prendre cette orientation professionnelle. Finalement, il est question de passion de la montagne bien plus que de genre. Même si, physiquement, le métier peut s’avérer dur. «  Quand on commence les déclenchements d’avalanche à 6h30 dans le vent cinglant et le brouillard, il vaut mieux avoir passé une bonne nuit ! » 

Coralie Antoine – pisteur secouriste de Bernex

Coralie a su en faire une force dans ce milieu si masculin. « On me taquine dans l’équipe mais je n’ai jamais rencontré de réticences. Au contraire, nous sommes une famille soudée qui s’entraide. Une famille qui s’écoute après des interventions ou secours parfois difficiles. On sait aussi s’appuyer sur moi par exemple sur des interventions de secours auprès de skieuses où le fait d’être une femme est un véritable atout ». Au delà de son regard pétillant, Coralie apporte ainsi un regard et une approche différente à la fois sur le métier et les situations. C’est ça, non le travail d’équipe ?

A lire dans le série des travailleur de l’ombre : Chef d’exploitation – Snowmaker – Dameur –

5 février 2021 - par Mélanie Pontet, Office de tourisme Pays d'Evian vallée d'Abondance

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